La procédure d’expulsion en matière de bail d’habitation : les étapes clés

par | 28 novembre, 2025 | Droit immobilier

La procédure d’expulsion d’un locataire est l’une des plus sensibles en droit immobilier. Elle implique à la fois le respect strict des textes protecteurs du locataire et la nécessité pour le propriétaire de récupérer son bien lorsque des impayés, des troubles ou un manquement grave surviennent. Pour un bailleur, être accompagné d’un avocat compétent en droit immobilier est souvent essentiel afin de sécuriser chaque étape et éviter les nullités. Ce contentieux est récurrent et nécessite une parfaite maîtrise des délais, des compétences du juge et des formalités d’exécution.

1. Les causes légales pouvant mener à l’expulsion

L’expulsion n’est jamais automatique : elle suppose un motif légitime établi devant le juge.

a. Les impayés de loyers et de charges

C’est la cause la plus fréquente. Le propriétaire peut agir dès le premier impayé mais, en pratique, une tolérance de quelques semaines est souvent observée. Le bail comporte le plus souvent une clause résolutoire, permettant la résiliation automatique du contrat en cas de non-paiement.

b. Les troubles du voisinage

Le locataire qui cause des nuisances sonores répétées, des dégradations volontaires ou tout comportement portant atteinte à la tranquillité de l’immeuble peut faire l’objet d’une procédure d’expulsion. Le bailleur doit apporter des preuves : courriers, constats d’huissier, témoignages…

c. Le défaut d’assurance habitation

Obligatoire dans les baux d’habitation, ce manquement peut entraîner la résiliation du bail.

d. L’occupation sans droit ni titre

À l’issue d’un congé pour vente ou reprise, ou lorsque le bail est résilié, le locataire qui se maintient dans les lieux peut être expulsé.

2. Le commandement de payer ou de cesser le trouble : première étape indispensable

Avant toute saisine du juge, la loi impose au bailleur d’adresser un commandement par l’intermédiaire d’un commissaire de justice (ancien huissier).

Commandement de payer remis par un commissaire de justice

a. Le commandement de payer en présence d’une clause résolutoire

Le commandement de payer ouvre un délai de deux mois au locataire pour régulariser sa situation. S’il ne paie pas dans ce délai, la clause résolutoire s’applique et le bailleur peut engager l’action en validation de la résiliation.

Le commandement doit obligatoirement mentionner :

  • Le montant exact des sommes dues
  • La possibilité de saisir le Fonds de solidarité logement (FSL)
  • Le délai légal de deux mois

Toute omission peut entraîner la nullité de l’acte.

b. Le commandement de cesser un trouble de voisinage

En matière de nuisances, un commandement de cesser les troubles est souvent nécessaire pour prouver la mauvaise foi du locataire.

3. La saisine du juge : obtenir la résiliation du bail et l’expulsion

Lorsque le locataire ne régularise pas, le bailleur peut saisir le juge des contentieux de la protection (tribunal judiciaire du lieu du logement).

a. Une procédure contradictoire obligatoire

Le locataire est convoqué à l’audience et peut présenter des arguments : difficultés passagères, demande de délai de paiement, contestation de la dette…

b. Le rôle de l’avocat

Avocat en droit immobilier à Vannes expliquant la procédure d’expulsion à un bailleur

L’assistance d’un avocat en droit immobilier permet :

  • de constituer un dossier complet (relevé de compte, commandement, correspondances, attestations…)
  • de solliciter des mesures accessoires : indemnité d’occupation, dommages-intérêts pour préjudice, condamnation aux frais
  • d’éviter les erreurs de procédure

c. La décision du juge

Le juge peut :

  • Constater la résiliation du bail
  • Accorder des délais de paiement pouvant aller jusqu’à 36 mois
  • Ordonner l’expulsion du locataire
  • Fixer une indemnité d’occupation due jusqu’à la restitution des clés

Dans certains cas, notamment lorsque la clause résolutoire n’existe pas ou a été inopérante, le juge peut prononcer la résiliation judiciaire pour manquement grave.

4. L’expulsion : une procédure strictement encadrée

Contrairement à une idée reçue, l’expulsion ne peut pas être réalisée par le bailleur lui-même sous peine de sanctions pénales. Elle est exclusivement effectuée par un commissaire de justice, après obtention d’un titre exécutoire.

Remise des clés du logement après une expulsion

a. Le commandement de quitter les lieux

Après le jugement, un commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux, donnant au locataire un délai de deux mois avant expulsion forcée.

Ce délai peut être prolongé par le juge, notamment pour les personnes vulnérables.

b. La trêve hivernale

Entre le 1er novembre et le 31 mars, aucune expulsion ne peut avoir lieu sauf exceptions (squatters, immeuble frappé d’un arrêté de péril…). Le commandement peut être délivré pendant cette période, mais l’expulsion physique est suspendue.

c. L’assistance de la force publique

Si le locataire refuse de partir, le commissaire de justice peut demander l’assistance de la force publique. En cas de refus de l’État, le bailleur peut obtenir une indemnisation pour carence.

5. L’indemnité d’occupation : une compensation essentielle pour le bailleur

Une fois le bail résilié, le locataire devient occupant sans droit ni titre. Il ne paie plus un loyer mais une indemnité d’occupation, fixée par le juge ou égale au dernier loyer. Cette indemnité vise à compenser l’impossibilité pour le bailleur de relouer le logement.

Indemnités d'occupation prévues par le bail d'habitation

6. La prévention des contentieux : le rôle stratégique de l’avocat

Un avocat en bail d’habitation n’intervient pas uniquement pour gérer l’expulsion : il joue un rôle déterminant de prévention, notamment en :

  • rédigeant un bail conforme à la loi du 6 juillet 1989 ;
  • conseillant le bailleur sur les démarches amiables à entreprendre dès les premiers impayés ;
  • analysant la solvabilité du locataire ;
  • mettant en place des garanties (caution, garantie Visale, assurance loyers impayés) ;
  • évitant les erreurs susceptibles de retarder la procédure.

À Vannes et dans le Morbihan, où le marché locatif est particulièrement dynamique, le recours à un avocat permet d’optimiser la gestion locative et de sécuriser les relations bailleur/locataire.

Conclusion : une procédure technique nécessitant rigueur et accompagnement

La procédure d’expulsion en bail d’habitation est l’une des plus strictement encadrées du droit français. Elle exige une parfaite connaissance des textes, des délais et des pratiques judiciaires. Pour un propriétaire, être accompagné par un avocat en droit immobilier est un atout précieux pour récupérer son bien dans les meilleurs délais et éviter les écueils procéduraux.

Si vous êtes bailleur confronté à des impayés, à des nuisances ou à un maintien illicite dans les lieux, n’hésitez pas à consulter un avocat pour sécuriser vos démarches et engager la procédure adéquate.

Une balance de la justice sur un bureau d'avocat

F.A.Q – Procédure d’expulsion dans un bail d’habitation

1. Quels motifs permettent d’expulser un locataire ?

Les principaux motifs d’expulsion sont les impayés de loyers, les troubles du voisinage, le défaut d’assurance habitation ou encore le maintien dans les lieux après la résiliation du bail. Le juge apprécie la gravité du manquement au cas par cas.

2. Combien de temps dure une procédure d’expulsion ?

La durée varie selon les situations, mais elle s’étend généralement de 6 à 18 mois, selon les délais judiciaires, les éventuels recours du locataire et la trêve hivernale. Un avocat permet souvent d’accélérer la procédure en évitant les erreurs.

3. Qu’est-ce qu’un commandement de payer ?

Il s’agit d’un acte délivré par un commissaire de justice (ancien huissier) en cas d’impayé. Il accorde au locataire un délai légal de deux mois pour régler sa dette avant la saisine du juge. C’est une étape obligatoire lorsque le bail contient une clause résolutoire.

4. Peut-on expulser un locataire pendant la trêve hivernale ?

Non, sauf exceptions prévues par la loi. Entre le 1er novembre et le 31 mars, les expulsions physiques sont suspendues, mais la procédure judiciaire peut continuer (commandements, jugements…).

5. Le propriétaire peut-il expulser lui-même un locataire ?

Non. Une expulsion forcée ne peut être réalisée que par un commissaire de justice, sur la base d’un titre exécutoire. Une expulsion “sauvage” est pénalement répréhensible et expose le bailleur à de lourdes sanctions.

6. Le juge peut-il accorder des délais au locataire ?

Oui. Le juge des contentieux de la protection peut accorder jusqu’à 36 mois de délais de paiement selon la situation financière du locataire. Pendant ces délais, la clause résolutoire peut être suspendue.

7. Que se passe-t-il après la résiliation du bail ?


Le locataire devient occupant sans droit ni titre et doit payer une indemnité d’occupation. Le commissaire de justice délivrera ensuite un commandement de quitter les lieux, ouvrant un délai de deux mois avant expulsion.

8. Pourquoi faire appel à un avocat en droit immobilier ?

L’avocat sécurise les actes, constitue un dossier juridiquement solide, représente le bailleur devant le juge et optimise les chances d’obtenir rapidement la résiliation du bail et l’expulsion. À Vannes ou dans le Morbihan, il connaît les pratiques locales et les délais des juridictions.

N’hésitez pas à me contacter pour toutes informations complémentaires ou besoin spécifique.